Le carillon de Big Ben
Le Crédac. Ivry-sur-Seine. Paris. France
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En mathématique, un multiple est un nombre qui contient plusieurs fois un même nombre entier : en art, un multiple est une œuvre existant en plusieurs exemplaires, jouant sur leur caractère identique. Démultipliée, l’œuvre perd alors son statut d’original pour gagner celui d’objet « accessible ».

En effet, l’aura de l’œuvre dont parle Walter Benjamin est liée à son unicité. Sa valeur d’usage au contraire peut s’amplifier avec sa reproductibilité. En se multipliant, l’œuvre peut se rapprocher de la culture de masse, s’infiltrer dans le quotidien et dans la vie de la cité. Ainsi, l’œuvre reproduite accède à un autre statut, une « pratique » que Benjamin nomme politique 1.

C’est dans cet esprit que se construit Le Carillon de Big Ben. En résonance avec une programmation liée à son contexte, les artistes ayant participé au projet du Centre d’art contemporain d’Ivry depuis 2003, sont invités à présenter un multiple.

On peut parler pour Le Carillon de Big Ben d’une non-exposition, à l’image de Lewis Carroll parlant d’un non-anniversaire dans son Alice au pays des merveilles. Comme le dit Benjamin, encore, « dans les œuvres d’art, ce qui est entraîné (...) par le déclin de l’aura, est un gain formidable pour l’espace de jeu 2 ». Comme si la rareté de l’objet imposait ses règles et qu’une liberté nouvelle naissait de la multiplicité. L’œuvre multiple peut potentiellement être financièrement accessible à beaucoup.

C’est pourquoi nous privilégions dans l’exposition des œuvres disponibles auprès des diffuseurs précieux que sont les galeries, les centres d’arts en France et à l’étranger.

Commissaire de l’exposition : Claire Le Restif

Lien: Le Crédac


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